Financer son Visa E-2 : Le capital peut-il provenir d'un don ou d'un prêt ?
- laure8707
- 9 janv.
- 3 min de lecture
L'obtention du visa E-2 repose sur un pilier fondamental : l'investissement d'un capital "substantiel" dans une entreprise américaine. Si la nature de l'activité détermine le montant (parfois dès 50 000 $ pour des services), une question cruciale se pose souvent lors de la préparation du dossier : faut-il être le propriétaire originel des fonds, ou peut-on s'appuyer sur une aide extérieure ?
La réglementation américaine permet une certaine flexibilité, à condition de respecter des règles de transparence et de mise à risque très précises.
1. Le don : Une solution légitime mais encadrée
Il est tout à fait possible d'utiliser un don (gift) pour constituer son capital d'investissement. Cependant, l'officier consulaire examinera la cohérence relationnelle de ce transfert.
Le cercle familial : Un don provenant de parents proches est la situation la plus simple à justifier. Le lien de parenté explique naturellement la volonté de soutenir un projet d'expatriation.
Le cercle amical : Un don d'un ami proche est admissible, mais nécessite une documentation plus étoffée pour expliquer la nature des liens et la motivation du donateur.
La vigilance : Plus le donateur est "éloigné"
de l'investisseur, plus l'administration risque de suspecter une transaction déguisée ou illégitime. Le bon sens doit prévaloir dans la présentation du dossier.
2. Le prêt : Une stratégie à double tranchant
Le recours à l'emprunt est autorisé, mais il comporte deux défis majeurs que l'investisseur doit impérativement anticiper.
La notion de "mise à risque" (At Risk)
Pour être éligible au E-2, l'argent doit être personnellement risqué par l'investisseur.
Prêts garantis : Si vous contractez un prêt, celui-ci doit être garanti par vos actifs personnels (votre résidence principale en France, par exemple) et non par les actifs de l'entreprise américaine elle-même.
Prêts non garantis : Bien qu'ils ne soient pas formellement interdits, ils sont de plus en plus scrutés. L'administration pourrait arguer que si vous n'avez rien mis en garantie, vous n'avez rien à perdre en cas d'échec, ce qui contredit l'esprit du visa d'investisseur.
La viabilité financière (Leverage)
Un endettement trop lourd peut fragiliser votre dossier. Si le prêt est trop important par rapport aux prévisions de revenus, l'examinateur pourrait douter de la capacité de l'entreprise à rembourser ses dettes tout en assurant un profit suffisant (problématique de la marginalité).
3. L'exigence de traçabilité : Le "Source of Funds"
C'est ici que réside la complexité majeure : le donateur ou le prêteur devient partie intégrante de l'enquête.
L'investisseur doit prouver l'origine licite des fonds. Si l'argent provient d'un tiers, ce tiers doit se soumettre aux mêmes exigences de transparence que l'investisseur lui-même :
Fournir ses 3 dernières années de déclarations fiscales.
Prouver l'origine de la somme (vente immobilière, héritage, économies salariales).
Cette étape demande une grande coopération de la part de vos proches, qui devront accepter de partager des informations financières confidentielles avec l'administration américaine.
Le Mot De La Fin
S'appuyer sur un don ou un prêt pour financer votre visa E-2 est une stratégie parfaitement viable, à condition de traiter la transparence de l'origine des fonds avec la même rigueur qu'un investissement personnel. Le succès de votre demande repose sur votre capacité à prouver non seulement que l'argent est "à risque", mais aussi que son origine est entièrement légitime, même s'il provient d'un tiers. The Deltin Law Firm vous guide à travers le processus délicat de documentation de l'origine des fonds pour satisfaire aux exigences consulaires. Je me tiens à votre disposition pour examiner votre structure financière et m'assurer que vos accords de prêt ou de don sont pleinement conformes à la réglementation du visa E-2.





Commentaires